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La course à pied et ses impacts sur les fuites urinaires chez les femmes

  • adelinejouinmk
  • 30 juin
  • 4 min de lecture



Vous aimez courir. Pourtant, à chaque accélération, en descente ou sur quelques foulées un peu plus rapides, une petite fuite urinaire apparaît (et même parfois dès le début)...


Selon les études, les fuites urinaires touchent de nombreuses femmes pratiquant des sports à impact comme la course à pied, même chez des femmes jeunes, sportives et n'ayant jamais eu d'enfant. Ce n'est donc ni une fatalité, ni uniquement un problème lié à la grossesse ou à l'âge.

La bonne nouvelle ? Dans la majorité des cas, il existe des solutions.


Pourquoi les fuites apparaissent-elles en courant ?

À chaque foulée, votre corps absorbe une onde de choc qui remonte depuis le pied jusqu'au bassin.

En parallèle, la pression à l'intérieur de votre abdomen augmente pour stabiliser votre tronc. Cette pression est parfaitement normale : elle permet de courir efficacement.


Le problème apparaît lorsque la demande mécanique devient plus importante que ce que votre corps est capable de gérer à cet instant.

Imaginez un pont.


S'il est construit pour supporter 10 tonnes et qu'on lui en demande 12, ce n'est pas parce qu'il est "cassé". Il est simplement soumis à une charge supérieure à sa capacité.

Votre périnée fonctionne exactement de la même manière.

Les fuites apparaissent lorsque les muscles, les tissus de soutien et le système de contrôle ne parviennent plus à compenser les contraintes générées par la course.

Ce n'est donc pas uniquement un problème de "périnée faible".

C'est souvent un problème de capacité de gestion de la charge.


Le périnée ne travaille jamais seul

On imagine souvent le périnée comme un petit muscle isolé.

En réalité, il fait partie d'une véritable équipe.

Cette équipe est composée notamment :

  • du diaphragme (le muscle principal de la respiration),

  • des muscles profonds de l'abdomen,

  • des muscles du dos,

  • des fessiers,

  • des hanches.

Tous ces muscles collaborent en permanence pour stabiliser votre bassin à chaque foulée.

Si un ou plusieurs de ces éléments sont moins efficaces, le périnée peut être amené à compenser davantage… jusqu'à atteindre sa limite.


Les fessiers : les grands oubliés

Les fessiers sont souvent associés à la performance ou à l'esthétique.

Pourtant, ils jouent également un rôle essentiel dans la continence.

Des fessiers capables de produire de la force permettent :

  • de mieux contrôler le bassin,

  • de mieux absorber les impacts,

  • de limiter certaines contraintes sur le plancher pelvien,

  • d'améliorer la stabilité lors de l'appui au sol.

L'objectif n'est donc pas simplement de "muscler le périnée", mais de rendre tout le système plus efficace.


Le caisson abdominal : un travail d'équipe

Le corps fonctionne comme un cylindre.

En haut : le diaphragme.

En bas : le périnée.

Autour : les muscles profonds de l'abdomen et du dos.

Lorsque ces structures se coordonnent correctement, elles répartissent harmonieusement les pressions générées pendant la course.

À l'inverse, si la respiration est bloquée, si les abdominaux poussent constamment vers le bas ou si la coordination est insuffisante, certaines contraintes peuvent davantage solliciter le périnée.

Le but n'est donc pas de "rentrer le ventre" ou de contracter son périnée en permanence.

Le véritable objectif est d'apprendre à mieux coordonner tout ce système.


La gestion de la charge : probablement la notion la plus importante

L'une des erreurs les plus fréquentes est de reprendre la course exactement au niveau où l'on s'était arrêté.

Pourtant, comme un tendon ou un muscle, le périnée a besoin de s'adapter progressivement.

Chaque entraînement représente une charge :

  • la vitesse,

  • la distance,

  • les dénivelés,

  • les descentes,

  • les sauts,

  • la fatigue,

  • le manque de récupération.

Pris séparément, ces éléments sont souvent bien tolérés.

Additionnés trop rapidement, ils peuvent dépasser les capacités actuelles de votre organisme.

C'est exactement le même principe que pour une tendinite : on ne supprime pas définitivement la course, on adapte progressivement la charge afin que les tissus deviennent plus résistants.

Le périnée répond lui aussi à cette logique.


Faut-il arrêter de courir ?

Dans la grande majorité des cas : non.

Arrêter totalement n'est généralement pas la meilleure solution.

L'objectif est plutôt de trouver la bonne dose de contraintes, celle qui stimule l'adaptation sans provoquer une surcharge.

Cela peut passer par :

  • diminuer temporairement le volume,

  • alterner marche et course,

  • réduire les séances très intenses,

  • travailler la force en parallèle,

  • puis réaugmenter progressivement les contraintes.

Cette progression permet au corps de développer de nouvelles capacités au fil des semaines.


Le renforcement : oui, mais pas (uniquement) du périnée


Chez la coureuse, le renforcement seul du périnée ne suffit pas (et peut même être contre productif parfois!).

Une prise en charge complète associe souvent :

  • le renforcement des fessiers,

  • le gain de force des membres inférieurs,

  • le contrôle du tronc,

  • la respiration,

  • la technique de course,

  • et une progression intelligente des impacts.

C'est cette approche globale qui permet généralement les meilleurs résultats.


Les fuites ne sont jamais "normales"

Oui, elles sont fréquentes.

Mais non, elles ne doivent pas être considérées comme normales.

Les accepter conduit souvent à :

  • arrêter certains sports,

  • diminuer l'intensité,

  • éviter les descentes,

  • renoncer aux compétitions,

  • perdre confiance en son corps.

Pourtant, il existe aujourd'hui des solutions efficaces, basées sur les connaissances scientifiques et une prise en charge individualisée.


En résumé

Les fuites urinaires à la course ne signifient pas que votre périnée est "foutu".

Le plus souvent, elles indiquent simplement que les contraintes imposées par votre pratique dépassent momentanément les capacités de votre système.

La solution consiste alors à :

✔️ améliorer la capacité du périnée à répondre aux efforts ;

✔️ renforcer les fessiers et l'ensemble du caisson abdominal ;

✔️ progresser de façon intelligente dans les charges d'entraînement ;

✔️ reprendre confiance dans votre corps.


Parce qu'une femme ne devrait jamais avoir à choisir entre courir… et rester au sec.

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